Carnet Nomade
Récits d'ailleurs, croquis et vagabondages.

J’ai quitté mon appartement pour vivre entre les gares

📅 Mars 2026 ⏱️ 6 min de lecture ✍️ Par l'Artiste Voyageur
Illustration aquarelle d'une gare de campagne avec un train à quai et un carnet ouvert au premier plan

C’était un mardi de novembre, un de ces matins de brume où la lumière semble hésiter à se poser sur les toits de la ville. J’ai tourné la clé dans la serrure de mon appartement pour la toute dernière fois. Pas de déménageurs, pas de cartons empilés dans un camion. Juste un sac à dos de cinquante litres, une boîte d’aquarelle de poche, trois stylos-plumes et un carnet de croquis à la couverture de cuir usée. Ce jour-là, j’ai choisi de ne plus avoir d’adresse fixe et de faire des gares ferroviaires mes salons d’écriture, mes ateliers de dessin et mes fenêtres sur le monde.

Le choix de l'itinérance ferroviaire

Pourquoi les gares ? On me pose souvent la question avec un mélange de curiosité et d’incompréhension. Pour beaucoup, la gare est un lieu de transit, un espace froid et impersonnel que l’on traverse à la hâte, les yeux rivés sur un tableau des départs. Pour moi, elle est le point de départ de toutes les imaginations. C’est un théâtre permanent où se jouent des adieux déchirants, des retrouvailles passionnées et des attentes silencieuses. Vivre entre les gares, c’est s’offrir le luxe du mouvement perpétuel tout en restant ancré dans une forme de lenteur poétique.

En choisissant le train comme principal moyen de transport et de vie, j'ai redécouvert le plaisir de voir le paysage se transformer lentement sous mes yeux. Les plaines agricoles laissent place aux collines boisées, puis aux sommets escarpés, sans la brutalité d'un vol long-courrier. C'est cette philosophie du voyage lent que je m'efforce de partager au quotidien à travers mes récits de voyage et mes croquis sur le vif.

« La gare n'est pas seulement un lieu où l'on passe, c'est un refuge pour l'esprit créatif, une frontière ouverte où chaque quai est une promesse d'ailleurs. »

L'art de recréer son cocon en mouvement

Quitter un logement sédentaire demande de repenser entièrement notre rapport à l'espace et aux objets. On apprend à épurer, à ne garder que l'essentiel. Pourtant, le besoin d'intimité et de repères chaleureux ne disparaît pas avec le nomadisme. Avant de tout quitter, j'avais d'ailleurs pris un plaisir fou à rénover mon dernier studio, cherchant constamment l'équilibre entre espace ouvert et intimité. Pour séparer le coin nuit sans perdre un seul rayon de soleil, je m'étais longuement renseigné auprès de Poterne Habitat pour savoir quelle vitre pour cloison intérieure choisir entre lumière, intimité et acoustique. C'est ce genre de détails chaleureux et bien pensés qui me manquent parfois dans les gares impersonnelles, bien que la liberté du voyage compense largement ce confort.

Aujourd'hui, mon intérieur se résume à la table en bois d'un wagon-bar, à la banquette en velours élimé d'un train régional ou au comptoir d'un café de gare. J'y recrée mon cocon grâce à des rituels simples : une tasse de thé fumante, le frottement de ma plume sur le papier et l'observation attentive des voyageurs qui m'entourent.

Des haltes créatives et gourmandes

Vivre entre les gares ne signifie pas voyager sans s'arrêter. Bien au contraire, ce mode de vie favorise des haltes prolongées dans des petites villes oubliées des grands circuits touristiques. Dès qu'une gare me plaît, je descends du train. Je pars alors à la recherche d'une boulangerie artisanale pour humer l'odeur du pain chaud, une tradition boulangère que j'adore étudier au fil de mes pérégrinations. Ces moments de pause me permettent de poser mon sac pour quelques jours dans une pension de famille ou un refuge éco-responsable au bord de l'eau.

C'est durant ces escales que mon carnet de route s'enrichit de nouvelles couleurs. Je prends le temps de dessiner une façade ancienne, de croquer le portrait d'un chef de gare ou de noter une recette locale partagée au détour d'une conversation. Si vous souhaitez découvrir mes précédentes étapes artistiques, n'hésitez pas à explorer notre page d'accueil où je regroupe mes collections de croquis classées par région.

Mes trois indispensables pour travailler en gare :

Une transition vers une liberté totale

Cette vie sur les rails m'a appris qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise manière de voyager, tant que l'on reste curieux et respectueux des territoires traversés. Ce choix de vie m'a libéré des contraintes matérielles pour me concentrer sur ce qui me fait vibrer : l'écriture, le dessin et la rencontre humaine. Chaque matin apporte son lot d'incertitudes et de beautés simples, guidé par le sifflet du contrôleur et le bercement régulier des bogies sur les rails.

Si l'aventure vous tente, n'ayez pas peur de commencer petit. Un week-end sans destination précise, muni d'un simple billet de train régional et d'un carnet de notes, suffit souvent à déclencher ce sentiment de liberté incomparable que procure l'itinérance.

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